• Voici la suite de notre journée à Amiens, le dimanche 21 septembre 2014..

    Après la visite des hortillonnages en barque à cornet, puis le déjeûner au restaurant, nous décidons de tenter d'aller jusqu'à la cathédrale, en suivant l'ancien chemin de halage le long du canal...il crachine encore, le ciel est très chargé, et il y a un vent à décorner les boeufs !! ouch ça souffle !!

    Ce week-end ont lieu les journées du patrimoine..et tous les autres lieux qui se visitent à Amiens (la maison de Jules Verne, le musée de Picardie etc..)sont blindés de monde, il y a des queues interminables..la cathédrale est le seul endroit qui permette d'y entrer sans avoir à attendre..

    Nous avons environ 20 mn de marche à faire avant de trouver le premier pont qui enjambe le canal, et amène au coeur de la ville...

    Le chemin de halage le long du canal débouche sur le parc urbain St Pierre, qui sépare les hortillonnages  du canal..

     ce parc paysager contemporain se développe sur 22 ha le long de la Somme. Dans ces jardins aménagés, cohabitent harmonieusement l'eau et la végétation.

    Nous arrivons en haut, sur le pont-passerelle du canal...puis nous passons sur celui qui enjambe la Somme.. La Somme qui est canalisée à Amiens...

    Le quartier St Leu que nous traversons pour aller en direction de la cathédrale, offre de nombreuses places où sont installées des terrasses de café-restaurants..vides, pour la plupart, car le temps ne se prête guère aux dégustations en terrasse...

    Au nord de la cathédrale, le quartier Saint-Leu, entouré de canaux et des bras de la Somme, est né au Moyen Âge, autour de son église du XVè siècle.

    Dans le quartier médiéval de Saint Leu, les canaux étaient, à l'époque florissante de l'industrie textile, bordés de moulins.

    Aujourd'hui, l'agitation des teinturiers, tisserands et autres tanneurs a laissé la place aux terrasses des restaurants et des cafés, et ce quartier pittoresque, avec ses petites maisons aux façades colorées et à colombages, invite à la flânerie.

    Nous arrivons en vue des jardins de la cathédrale, et montons jusqu'en haut des escaliers...les promeneurs sont tous emmitouflés..Il ne pleut plus, mais ça souffle.. le ciel prend des teintes bleu délavé par endroits..

    Un timide rayon de soleil se montre de temps à autre, avec le vent qui déchire les nuages..

    Il nous faut passer dans la cour du Palais de l'Evêché, pour arriver de l'autre côté sur le grand parvis..

    La cathédrale Notre-Dame d’Amiens est la plus vaste cathédrale de France par ses volumes intérieurs (200 000 m3). C'est  aussi la plus vaste cathédrale gothique de France, deux fois plus grande que Notre-Dame de Paris.

     

    Avec les cathédrales de Chartres, de Reims, de Bourges et de Beauvais (même si la nef de cette dernière n'a jamais été construite), elle est considérée comme l'archétype du style gothique classique, comprenant aussi des éléments des phases suivantes du style gothique, du gothique rayonnant (notamment le chevet) et du gothique flamboyant (notamment la grande rosace de la façade occidentale, la tour nord et les stalles).

    Sa longueur hors œuvre est de 145 mètres et sa hauteur sous voûte de 42,30 mètres (proche du maximum supportable pour cette architecture).

      L'édifice que nous connaissons actuellement à Amiens n'est pas la première cathédrale. L'évangélisation de la ville serait due, selon la légende, à saint Firmin , décapité à Amiens vers 300. Une première cathédrale fut construite au VIè siècle à l'initiative de saint Salve , évêque d'Amiens, pour abriter les reliques de saint Firmin . Cette église en bois fut plusieurs fois détruite, par des incendies ainsi que par les Normands.

    En 1152, une cathédrale, de style roman, fut construite. Puis, en 1206, un grand nombre de reliques fut ramené des croisades et donné à l’évêque Richard de Gerberoy. Immédiatement, les pèlerins affluèrent, rendant nécessaire la construction d'un édifice suffisamment grand pour les accueillir. Les travaux commencèrent à Amiens en 1220, en plein développement de l’art gothique , sur le site même de l'ancienne cathédrale romane. Elle fut terminée, pour les plus gros travaux en 1288, mais elle continua de subir des aménagements aux siècles suivants.

    Pendant la Première Guerre Mondiale, Notre-dame d'Amiens fut sauvée de la destruction, grâce à la célèbre intervention de son Évêque, Mgr de la Villerabel auprès du Pape Benoît XV qui demandera avec succès à l'Empereur d'Allemagne de ne plus tirer sur elle durant la dernière offensive de 1918. Pendant la guerre de 1940-44, la cathédrale demeure miraculeusement intacte au milieu d'une ville en ruines.

    La façade. c'est l'un des plus beaux exemples d'architecture du moyen-âge, tant par la simplicité et la pureté des lignes, que par la richesse de la décoration d'une harmonie parfaite.

    Il s'agit d'une façade harmonique, c'est-à-dire comportant trois portails, trois niveaux d'élévation et deux tours. Les niveaux d'élévation sont le niveau des portails, celui de la galerie des rois surmontant un triforium formé d'une série d'arcades géminées, et celui de la rosace. Enfin, au-dessus s'élèvent les deux tours (reliées au XIXe siècle par la galerie des sonneurs ajoutée par Viollet-le-Duc).

     

    Quatre contreforts très puissants divisent verticalement l'édifice et séparent les trois portails. Ils sont particulièrement saillants au niveau du rez-de-chaussée où ils séparent et encadrent solidement les portails. Ils sont destinés à assurer la stabilité, tant de la façade que des deux tours qu'elle supporte.

    Les arcs-boutants du chœur contrebutent la partie supérieure du chœur, mais sont forts différents de ceux de la nef. Ils sont à simple niveau, mais à double volée. Ils prennent appui extérieurement sur deux grandes culées assez fines. Ils furent construits vers 1260, soit plus ou moins trente ans après ceux de la nef.

    En 1528, la flèche de la cathédrale ayant été détruite par la foudre, on procéda à l'édification d'une nouvelle, celle que nous connaissons aujourd'hui. Son sommet est à 112,70 mètres du sol.Construite en bois de chêne et recouverte de plomb, c'est actuellement la plus ancienne flèche en bois connue.Les travaux s'achevèrent en 1533 et il fallut encore une année pour dorer le plomb. Au total, 71 tonnes de plomb sont utilisées dans la flèche ; l'épaisseur moyenne de métal est de trois millimètres. Son poids total est de 500 tonnes. Sa hauteur, au-dessus du faîtage de l'édifice jusqu'à la pomme qui se trouve près du sommet, était de 47 mètres avant la restauration effectuée au XIXe siècle par Eugène Viollet-le-Duc; elle n'est plus aujourd'hui que de 45 mètres.

    Monument historique en France depuis 1862, elle est inscrite depuis 1981 au patrimoine mondial de l'UNESCO

    Les trois portails de la grande façade occidentale furent très rapidement édifiés. Ils datent des années 1220-1230 (premier tiers du XIIIe siècle.)

    Le portail du Jugement dernier au centre de la façade occidentale de Notre-Dame d'Amiens : le tympan et les voussures.

    Le grand portail central ou portail du Jugement dernier, encore appelé parfois portail du "Beau Dieu", est entouré de deux autres portails plus petits : celui de la Mère-Dieu, à droite

    et celui de saint Firmin à gauche

    Le tympan au-dessus du grand portail est décoré d'une représentation du Jugement dernier, lorsqu’à la fin des temps, selon la tradition chrétienne, les morts ressuscitent puis sont jugés par le Christ. Ce tympan est subdivisé en trois registres.

    Au centre du grand portail, entre les deux vantaux, se trouve la statue du  Christ Rédempteur, le "Beau-Dieu d'Amiens" magnifique représentation du Christ.

     les statues des apôtres de part et d'autre des deux vantaux

       

     

    bas reliefs du soubassement du portail de la Mère Dieu

     

    la galerie des rois

    Ces bas-reliefs du soubassement du portail de droite (de la Mère-Dieu) de la façade occidentale se trouvent sous les statues des rois Salomon et Hérode et datent du début du XIIIe siècle. Ils sont remarquablement conservés. on peut y voir : Salomon à table, Salomon sur son trône, le massacre des Innocents, Salomon avec la reine de Saba, Salomon en prière devant le Temple, Hérode donnant l'ordre de brûler les vaisseaux de Tharsis.

    De 1290 à 1375, on construisit les chapelles latérales de la nef, non prévues dans le plan initial. Elles sont au nombre de onze, six au nord et cinq au sud, les plus anciennes à l'est, les dernières à l'ouest.

    Chapelle de Notre-Dame du Puy située au croisement du double déambulatoire sud du chœur et du bras sud du transept.

    La statue de gauche, sainte Geneviève, fut transformée en déesse "Raison" durant la Révolution

       

    Chapelle de Saint Sébastien

    La Chaire de Vérité..

    C'est un ensemble baroque assez impressionnant qui date de 1773. Elle est l'œuvre du sculpteur Jean-Baptiste Dupuis ainsi que de l'architecte Pierre-Joseph Christophle.À la base, la chaire est supportée par des statues grandeur nature des trois vertus théologales : la Foi, l'Espérance et la charité.

     la rosace ouest ou "rosace de la mer", vue depuis le triforium du chœur - De style flamboyant, elle date du début du XVIe siècle. 

    De 1508 à 1519 eut lieu la création des magnifiques stalles du chœur. Elles étaient au nombre de 120 à l'origine, il en reste 110 à ce jour.

       

     

    La partie la plus ancienne de l'édifice, la nef, haute de 42,3 mètres, vue depuis le triforium du chœur - Au fond, la rosace flamboyante surmontant la tribune des grandes orgues.

     

       
       

     Le chœur de Notre-Dame d'Amiens, jadis entouré d'une clôture en pierre sculptée et aujourd'hui ceint d'une grille en fer forgé, comprend quatre travées rectangulaires à voûtes quadripartites barlongues et à collatéraux doubles, plus une abside à sept pans. Cette dernière est entourée par un déambulatoire simple dans lequel s'ouvrent sept chapelles rayonnantes.

    Dans l'axe du chœur, on peut voir dans la fenêtre haute centrale, un vitrail coloré important offert à la cathédrale en 1269. C'est le plus beau et plus important vitrail du sanctuaire. Son thème est celui des Anges annonçant le sacre de saint Louis.

     Les mausolées entourant la clôture du choeur

    Deux mausolées sont situés dans la partie sud de la clôture du chœur. Les personnalités inhumées sont Ferry de Beauvoir et Adrien de Hénencourt 

    Adrien de Hénencourt fit exécuter la première partie de la clôture au niveau de la première travée du chœur, pour servir de mausolée à son oncle, l'évêque Ferry de Beauvoir.

    Le tombeau de Ferry de Beauvoir avec son gisant est encastré dans un enfeu de la portion de clôture occupant la première travée du chœur (donc proche de la croisée du transept). Il est surmonté d'une série de niches sculptées, couvertes de voûtes d'ogives, figurant l'histoire de saint Firmin, depuis son entrée à Amiens jusqu'à son martyre puis son exhumation par saint Saulve.

       
       

     

    Les personnages de ces niches, polychromes, sont très expressifs. Ils portent les costumes de la fin du XVe siècle. On peut ainsi admirer les somptueux atours des notables ainsi que les haillons des pauvres de l'époque.

    Ce n'est que quelque temps avant de mourir qu'Adrien de Hénencourt fit exécuter, à côté de la sépulture de son oncle, sa propre sépulture. Celle-ci se trouve dans un second enfeu creusé au niveau de la travée suivante du chœur.

    le dallage de la nef constitue une véritable mosaïque. Au centre, le labyrinthe.

    Le pavage du sol à été refait à l'identique au XIXè siècle en respectant le dessin du dallage du XIIIè siècle. Le dallage, est long de 234 m. Le labyrinthe constitue la pièce centrale du dallage.

     

    La pierre centrale du labyrinthe, dont l'original est conservé au musée de Picardie, représente une croix indiquant les points cardinaux, les 3 architectes et l'évêque Evrard de Fouilloy. Autour, gravé sur une bande de cuivre, figure le texte de fondation de la cathédrale.

    En ressortant de la cathédrale, nous avons la chance d'avoir du soleil..le ciel est débarrassé de ses gros nuages grâce au vent..on commence à y voir un peu plus de bleu..

    Les terrasses des nombreux cafés qui bordent les quais du canal dans le quartier St Leu..

    Nous reprenons le même chemin, pour retourner vers les hortillonnages, et retrouver notre bus garé à proximité de l'entrée..une petite halte le long du chemin de halage du canal, sur l'un des bancs, sous le soleil qui arrive enfin !! Il est temps, on est sur le point de repartir ! Le monde afflue pour profiter du soleil et des terrasses de café..

    Sur le canal, les rameurs sont toujours de sortie..

    Nous repartons d'Amiens avec un soleil insolent, alors que nous avions passé pratiquement toute la journée sous la pluie, la grisaille et le vent...rageant !!

    Mais bon, on a vu une jolie ville, et la balade en barque dans les hortillonnages était sympa, malgré le temps..A refaire l'été...

    Je vous laisse regarder les photos..à bientôt

    Amiens..après les hortillonnages..la cathédrale

     
     

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